Tribune

« En finir avec les faux principes » : une tribune du Général Soubelet



Depuis 40 ans la France est bercée par des concepts, des principes et des méthodes que l'opinion publique, à force de matraquage et de répétitions, a admis comme des évidences. Sans parler des dévoiements dont le plus désastreux est celui de l'égalité.


Non nous ne sommes pas tous égaux parce que nous sommes différents, physiquement, intellectuellement, nos patrimoines génétiques sont divers, nos parcours, notre éducation et nos capacités également. C'est une réalité. Tout nous différencie sauf nos droits fondamentaux qui sont identiques et nos devoirs également. Ceux qui laissent croire que l'égalité est de pouvoir tous obtenir la même chose dans la vie, sont des escrocs. Ils devraient avoir honte tant des esprits faibles seront toujours tentés de le croire. Cette vision égalitariste de la société est mortifère.

La responsabilité de ces dévoiements revient à des intellectuels qui dans leur confort souvent parisien ont bâti une partie de leur notoriété dans certaines associations. Ce ne sont pas les causes humanitaires ou humanistes qui sont critiquables mais les méthodes et la pression morale insupportable qui ne permet plus, depuis longtemps, la remise en question des dogmes issus de leur activité militante. Leur méthode est de saturer le débat public d'idées reçues considérées comme incontestables. Et ceux qui se risquent à relativiser ce «prêt à penser» sont marginalisés et culpabilisés. C'est dans ce contexte que toute la droite a renoncé à son identité.

La plupart de ces associations à l'instar de SOS racisme du MRAP et de la ligue des droits de l'Homme entre autres sont largement subventionnées par l'Etat et certaines collectivités territoriales. Elles interviennent depuis longtemps dans le débat public avec des intentions politiques. Elles participent avec d'autres, à cette «bien-pensance» qui fait passer les idées qu'elles défendent avant le bon sens, le pragmatisme et l'intérêt des Français. Et un certain nombre de responsables politiques sont très sensibles à leurs thèses car parfois issus de leurs rangs.

Ce sont ces associations et leurs soutiens qui ont notamment réussi à inoculer l'idée que la France serait un pays raciste. Or depuis les années 80 leur activisme a, sans aucun doute, contribué, par réaction, à favoriser la montée du racisme. Elles sont à l'origine de l'exclusion du débat public de la question de l'immigration et de sa prise en compte pendant 40 ans.

En grande partie pour ces raisons la France a basculé dans un fonctionnement caricatural avec de faux principes. Cela nous a empêché d'avancer et d'évoluer avec pragmatisme dans beaucoup de domaines. On peut citer la justice, la sécurité, la politique de la ville, la lutte contre l'islamisme.

Prenons seulement deux exemples, l'accueil des migrants et les statistiques dites ethniques.

L'accueil des populations qui arrivent en France est devenu un sujet polémique. Cette activité est essentiellement gérée par des associations sur lesquelles l'Etat se défausse sans scrupules. France Terre d'asile, ses 900 salariés et 70 millions de subventions en sont une parfaite illustration. Nous avons toujours été une terre d'accueil et dès l'entre-deux guerres les arrivées étaient gérées par les organisations patronales. L'Etat ne donnait pas de directives pour encadrer ces flux de population générés par des besoins en main-d'oeuvre. C'est en réalité par manque d'implication des autorités de notre pays qu'aucune politique migratoire digne de ce nom n'existe depuis plus d'un siècle. C'est aussi cette faiblesse qui a justifié que l'Etat donne la parole, soutienne et finance les associations qui portent le fardeau de l'immigration.

Cela explique la complaisance du milieu politique avec les principes issus de bons sentiments qui méconnaissent les réalités économiques et culturelles de notre pays. Aujourd'hui l'Etat ne gère pas la question migratoire. Il ne fait que la financer. Avec les impôts des Français au nom du principe de l'accueil...sans limites. Or les bons sentiments ne peuvent pas prendre le pas sur nos lois et l'intérêt de notre pays. Il y a des dizaines de milliers d'étrangers qui ne devraient pas être présents sur notre territoire pour des questions de moralité et de sécurité. Le dire est considéré comme de l'extrémisme. C'est là qu'on mesure l'efficacité du militantisme de toutes les associations qui ont réussi à «hystériser» cette question. Mais l'effet de ces faux principes va au-delà car ils sont à l'origine de l'extrême complexité des procédures administratives, des délais et des recours qui permettent finalement à la quasi-totalité des étrangers de rester sur notre territoire. Nous accordons des droits exorbitants à des personnes qui pour leur premier acte vis à vis de la France ont enfreint nos lois.

Ce sont les mêmes faux principes qui refusent la référence aux pays d'origine, à la religion et maintenant à la couleur de peau dans les propos publics.

Le pragmatisme et l'efficacité commandent de savoir à qui on a affaire lorsqu'on accueille quelqu'un qui veut partager notre avenir. Mieux le connaître, comprendre ses motivations mais également ne pas effacer son passé au nom de principes dévoyés sont essentiels. Cela permet également d'avoir un accompagnement personnalisé qui prend en compte le vécu de chacun pour lui permettre de devenir un vrai Français, pas seulement le titulaire d'une carte d'identité et le bénéficiaire des garanties sociales. Nommer la réalité est un gage de clarté et de compréhension.

Dernier principe dévoyé : l'article premier de la constitution précise que «la France est une République indivisible et laïque». Pourquoi la chambre plénière de la Cour de Cassation ne reconnaît-elle pas le principe de laïcité dans les entreprises privées? Pourquoi l'Etat ne réagit pas énergiquement vis à vis de ceux qui prônent que les préceptes religieux prévalent sur les lois de la République ?

Depuis trop longtemps les Français subissent un prêt à penser» fabriqué à partir de principes dévoyés et d'interprétations erronées de nos textes fondateurs. Nous devons faire exploser cette bulle. Elle menace et fragilise notre pays. Platon disait «la perversité de la cité commence par la fraude des mots». Lorsque la perversité atteint les principes le chaos est proche.

Général Bertrand Soubelet, Vice-Président Exécutif d'Objectif France