Tribune du 02 Août 2018
Rafik Smati : « En finir avec 40 ans de politiques anti-sociales ! »
  
Notre modèle social est une hérésie : il coûte une fortune aux contribuables, il endette nos enfants, et il est totalement inefficace ! Les politiques socialistes menées depuis 40 ans ont créé de la misère sociale. Dans cette tribune, Rafik Smati en appelle à un nouveau modèle, qui valorise la liberté économique, et recentre l’action de l’État sur l’essentiel.

1981. Un candidat à l'élection présidentielle, François Mitterrand, propose d'abaisser l'âge de départ à la retraite de 65 ans à 60 ans. Toutes les prévisions démographiques s'opposent pourtant à une telle décision, populiste et démagogique. Mais ce candidat l'emporte, et met en oeuvre sa réforme. Aucun de ses successeurs n'ose revenir intégralement sur cet acquis. Près de quatre décennies plus tard, la France est le pays d'Europe où l'on travaille le moins dans la vie, et celui où l'on part à la retraite le plus tôt. La conséquence ? Nos retraités sont de plus en plus pauvres, et leur pouvoir d'achat baisse. Notre système de retraite lui même risque la faillite. Seule la dette (qui pèse sur les générations futures) lui permet encore de tenir.

1997. Le président de la République Jacques Chirac dissout l'Assemblée Nationale. Le Parti Socialiste de Lionel Jospin cherche dans l'urgence une mesure symbolique pour attirer à lui les suffrages. Cette mesure, c'est les 35 heures. Le travail serait une denrée limitée, qu'il suffirait de se partager pour offrir un emploi à chacun. Quelle démagogie ! Une fois l'élection gagnée par la gauche socialiste et communiste, les 35 heures sont mises en application. La conséquence ? Aucun impact réel sur le chômage, mais des effets pervers redoutables : déstabilisation du système hospitalier et des services d'urgences (que nous subissons plus que jamais aujourd'hui), et gel des rémunérations des salariés du privé pendant plus d'une décennie.

Dans les deux cas, deux mesures présentées comme des acquis sociaux ont en réalité abîmé notre modèle social. Ainsi va la France depuis 35 ans : par démagogie, populisme, et électoralisme, des dirigeants politiques irresponsables ont poursuivi des politiques supposément sociales, mais dont le résultat a été l'exact opposé de celui qui était escompté. Ces dirigeants politiques sont les artisans de 35 ans de «casse sociale» et de chômage de masse.

Pourtant, notre modèle social coûte cher. Il nous coûte cher en impôts (est-il utile de rappeler que la France bat le record mondial des prélèvements obligatoires ?) Et il coutera encore plus cher à nos enfants et à nos petits enfants, qui devront rembourser la dette record que nous générons pour financer ce modèle.

Notre modèle social coûte cher, donc. Mais pour quel résultat ? 6 millions de chômeurs inscrits à Pôle Emploi ; 9 millions de personnes sous le seuil de pauvreté ; 3,2 millions de salariés au SMIC ; 1,7 million de personnes au RSA ; 1 million de Français inscrits aux Restos du Coeur ; 25% des jeunes de moins de 25 ans au chômage ; des jeunes qui renoncent à se soigner faute de moyens ; une mauvaise prise en charge du handicap ; des maisons de retraite sous haute tension...

Ce modèle, à l'évidence, ne tient plus. Aussi, le temps est venu de penser un nouveau modèle économique et social, à la fois juste, pragmatique, et tourné vers l'avenir.

Que faire ? D'abord, sortir du dogme suicidaire selon lequel la prospérité serait forcément proportionnelle à la quantité d'argent public déversé dans le tissu économique et social ! C'est précisément l'inverse : un État omniprésent et obèse génère inéluctablement, par l'inertie qu'il engendre, de la «casse sociale» ! A l'inverse, une fiscalité raisonnable et une sphère publique agile sont la clé d'une économie moderne et dynamique.

Il convient aussi de revenir aux fondamentaux de ce qu'est un «contrat social». La base d'un État, ce qui a fait que les peuples se sont fédérés entre eux dans des unités politiques homogènes pour sortir de ce que Hobbes appelait «l'État de nature», c'est la sécurité. C'est la raison pour laquelle nos budgets de défense nationale, de sécurité et de justice doivent être consolidés.

Ensuite, dans la pyramide des priorités, dès lors que l'État nous garantit sécurité et justice, vient la santé. Vivre en sécurité, et en bonne santé. Ce domaine, plus que tout autre, connaitra dans les années à venir une révolution majeure. La médecine préventive et prédictive supplantera peu à peu la médecine curative. Les moyens de diagnostic couteront de plus en plus chers. Les traitements aussi. Tout comme la sécurité, le budget de la santé doit être sanctuarisé.

Enfin, une société se grandit lorsqu'elle sait protéger les plus faibles : les handicapés, les retraités abandonnés, les familles en situation de misère sociale, les anciens combattants, les réfugiés politiques... Une politique juste ne doit pas laisser ces populations sur le bord de la route.

Au delà de ces priorités essentielles qui sont le fondement même de notre pacte républicain, nous devons accepter l'idée d'une réduction du périmètre de l'État. Cela doit se traduire par une adaptation des services publics aux besoins de notre société. Avec un effectif optimisé et mieux réparti sur notre territoire, nous pouvons maîtriser la dépense publique tout en offrant aux agents la possibilité de travailler dans de meilleures conditions et d'évoluer tout au long de leur parcours professionnel. Il nous faut aussi revaloriser la notion d'engagement plutôt que la notion de statut. L'engagement au service de la population ne dépend en effet pas du statut, mais d'une motivation personnelle et d'un désir profond de servir. Les militaires, les infirmières, les pompiers, les policiers, les aides soignantes et de nombreux autres corps de métier peuvent en témoigner tous les jours.

Je voudrais, maintenant, m'adresser tout particulièrement à ceux d'entre vous qui avez le coeur à gauche, sincèrement à gauche (je mets de côté ceux qui se disent à gauche par convenance mondaine). A vous, qui êtes attachés à la justice sociale et à la protection des plus faibles. Etes-vous satisfaits de ce qu'est devenu notre modèle social ? Croyez-vous sincèrement que la réalisation de votre idéal réside dans toujours plus de moyens injectés dans le périmètre public ?

Chers amis de gauche, comme vous, je veux lutter contre la «casse sociale». C'est pourquoi je veux vous convaincre que la réduction du périmètre de l'État associée à une plus grande liberté économique sont la clé. Croyez-moi, je vous en conjure. De grâce, n'assimilez pas la liberté économique aux patrons-voyous qui font parfois la une de la presse. Ne la réduisez pas davantage aux excès, insupportables, d'un capitalisme prédateur piloté par une finance sans visage. Je condamne ces dérives autant que vous, et je les regrette, moi, chef d'entreprises de PME, qui me fait un devoir, comme les centaines de milliers d'autres entrepreneurs, de placer l'humain au coeur d'un projet d'entreprise.

Enfin, chers amis de gauche, sachez que réduire le périmètre de l'État ne signifie en rien «brader les services publics». Durant les trente glorieuses, la part des dépenses publiques dans le PIB était d'environ 30%. La France n'était pas pour autant sous administrée. Au contraire, même : l'État intervenait beaucoup plus dans l'économie, mais de manière plus ciblée et efficace. Aujourd'hui, la part des dépenses publiques dans le PIB est de 57%, et notre pays a perdu toute marge de manoeuvre pour se réformer. La France d'aujourd'hui n'est plus gouvernée : elle est administrée.

A vous qui lisez ces lignes, que vous soyez de gauche, du centre, de droite, je veux dire qu'il reste une possibilité, infime, pour que notre pays se redresse et que nous puissions accéder à une nouvelle prospérité. Cette possibilité réside dans une politique qui allierait ordre et autorité d'une part, et liberté économique d'autre part.

Ce sursaut, je ne l'entrevois pas, hélas, dans la politique menée par le gouvernement actuel, qui s'inscrit dans la droite ligne des gouvernements précédents : augmentation de la fiscalité, augmentation de la dépense publique, faiblesse du régalien...

Le temps est venu de rassembler notre Nation autour du principe fondamental de liberté. Sans liberté, nous ne vaincrons pas la «casse sociale». Sans liberté, aucune Fraternité ni aucune Egalité ne sera possible.

Donnons, enfin, un nouveau souffle à notre belle devise : «Liberté, Egalité, Fraternité !»

Rafik Smati
Président d'Objectif France et entrepreneur

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