TRIBUNE du 24 Janvier 2019
Patrice Huiban : « Prêts pour le sursaut ? »
  
Patrice Huiban est le Directeur Projet d'Objectif France. Dans cette tribune, il appelle les Français à avoir foi en l'avenir. Plus que jamais, ayons conscience que le destin de notre Patrie est entre nos mains...

On disait les Français individualistes, fatigués, paresseux, nationalistes plutôt que patriotes, soit une Nation résignée, prête à sortir de l’Histoire.

Et il y eut le mouvement des « Gilets Jaunes ». Nonobstant les inévitables et condamnables débordements d’une petite minorité, quel magnifique démenti ! A coups de Marseillaise, de drapeaux tricolores, des milliers de citoyens, massivement soutenus par le reste de la population, ont consacré des soirées, des journées entières, en sus de leur travail et de leur famille, pour crier leur envie de se réapproprier leur destin, de ne plus subir ni la mondialisation, ni leurs autoproclamées « élites » qui donnent trop souvent l’impression de ne plus sincèrement croire en la France et de penser davantage à se servir qu’à servir dans une vie politique qui confine trop souvent au vaudeville alors que nous sommes au bord de l’abîme.

Chez Objectif France, nous n’avons jamais douté des capacités de notre pays, ni du bon sens comme de la bonne volonté de l’immense majorité de nos concitoyens.

C’est pourquoi nous travaillons depuis plusieurs mois à l’élaboration d’un puissant projet de redressement national, courageux, mais aussi crédible et finançable. Sa philosophie se résume en deux mots : Liberté et Autorité.

Liberté, car il s’agit de redonner de l’oxygène à la société française, dans un pays marqué par le primat du principe d’Egalité qui vire à l’égalitarisme, à l’inhibition de l’initiative.

Pour autant, pas de liberté sans rétablissement de l’autorité, soit le respect des lois et principes de la République sur tout le territoire, sans exception.

Il s’agit finalement de retrouver le compromis gaullien entre ordre et progrès, stabilité et mouvement, sécurité et prise de risque.

Vous l’avez compris, nous ne sommes pas dans la démagogie que nous méprisons. Nous ne promettons pas le Père Noël à nos compatriotes que nos politiques prennent souvent pour des enfants depuis trop longtemps. Nous portons un discours qui se veut franc et ambitieux.

Nous disons aux Français que nous pouvons relever les deux défis majeurs auxquels notre pays est confronté : gagner la guerre contre le totalitarisme islamique et gagner la bataille de la mondialisation.

Gagner la guerre contre le totalitarisme islamique ne se limite pas à déployer toujours plus de forces de l’ordre tout en restreignant nos libertés individuelles, sans quoi nous finirons par renier nos propres valeurs sans vaincre. Chez Objectif France, nous prônons une approche globale, ce qui commence en amont pas un signal fort envoyé aux migrants illégaux qui constituent un des terreaux fertiles à la radicalisation. Aucun d’entre eux ne pourra un jour espérer une régularisation de sa situation s’il est entré de façon illégale sur le territoire. Pour ce faire, tous les clandestins recueillis en mer seraient renvoyés à leur point d’embarquement et des centres de traitement administratif des demandes d’asile pourraient être mis en place sur les rives sud de la Méditerranée dans un cadre européen ou, à défaut, en partenariat avec nos partenaires italiens, espagnols et grecs. Par ce type de politique réaliste et pragmatique, l’Australie a vu le nombre de clandestins arriver sur ses côtes passé de 20 000 en 2013 à peau de chagrin tout en sauvant des centaines de vies en mer et en dissuadant les passeurs.

Cette approche globale passe aussi par la promotion et la défense permanente de nos principes et valeurs, à l’Ecole, au travail, dans les administrations, au quotidien, afin de gagner la bataille des perceptions et de la légitimité auprès de populations fragilisées par une immigration massive qui ne permet plus de bonnes conditions d’intégration, et encore moins d’assimilation.

Quant au volet économique, nous disons à nos compatriotes que nous ne pourrons pas augmenter le pouvoir d’achat de chacun sans augmenter les richesses produites, soit élargir et dynamiser « l’assiette productive » du pays, sans quoi nous nous appauvrirons collectivement à l’image d’un gâteau dont les parts seraient de plus en plus petites pour chacun, soit des tensions pour se les approprier : les « riches » contre les pauvres, les ruraux contre les citadins, etc. En effet, aujourd’hui, la part des actifs qui finance notre protection sociale et nos mesures environnementales est proportionnellement de plus en plus faible par rapport au reste de la population et aux charges induites dans le cadre d’une société qui vieillit et d’un chômage de masse.

Pour briser le cercle vicieux où s’enchaînent perte de compétitivité, forts prélèvements obligatoires, faible croissance, chômage, etc., il nous faudra baisser massivement les impôts, taxes et cotisations, transférer en partie le financement de notre modèle social et environnemental, qui comprime les salaires et génère du chômage, du travail à la consommation. Il nous faudra également et parallèlement travailler plus, plus longtemps, et mieux tant les 35H, outre leur impact désastreux sur notre compétitivité mesuré par la baisse de nos parts de marché et le déficit abyssal de notre balance commerciale, ont engendré une forte compression du temps de travail synonyme d’explosion du mal-être chez les salariés, les cadres et les agents publics. Qui parlait de stress, de harcèlement ou d’épuisement au travail avant 2002 ?

Mais briser ce cercle vicieux sans augmenter l’endettement public impose de réformer drastiquement l’Etat, les collectivités locales et l’ensemble des dépenses sociales qui représentent 700 Md€ sur 1200 Md€ de dépenses publiques. Non seulement nous pouvons, mais nous devons dépenser moins et mieux ! Avec un taux de prélèvements obligatoires rapporté à la richesse produite parmi les plus élevés au monde, nous devrions avoir les meilleurs services publics de la planète ! Or, qui ne constate pas la paupérisation de notre Justice, de nos forces armées, de nos forces de sécurité, de notre système de santé. Dans les années 60, nous dépensions presque deux fois moins d’argent en pourcentage du produit intérieur brut pour nos politiques publiques. Qui peut dire qu’elles sont aujourd’hui deux fois plus performantes ! Au contraire, l’Etat des années 60, c’est non seulement un Etat qui protège, soigne et instruit efficacement, mais c’est un Etat agile, stratège, conquérant avec le lancement d’investissements moteurs qui font toujours notre fierté : le TGV, Airbus, Ariane, le nucléaire civil et militaire, etc. Pour retrouver cette agilité, nous devrons impérativement clarifier le « qui fait quoi » entre les différents acteurs de l’action publique, Etat, collectivités, mais aussi les organismes de Sécurité sociale, en suivant cette règle simple : un responsable, une mission et des moyens. En effet, outre la complexité des circuits administratifs, la séparation trop fréquente des décideurs et des payeurs, synonyme de déresponsabilisation, est l’autre cause majeure du déclin du rendement marginal de chaque denier dépensé par et pour la collectivité.

Des mesures courageuses sont donc à prendre pour relever les défis auxquels la France doit faire face. Cependant, ces mesures seront acceptées par une majorité d’entre nous qu’à la condition d’opérer un véritable « choc de confiance » initial en vue de diversifier l'offre politique, permettre une plus large participation comme une plus grande responsabilisation des citoyens. Cela passe, par exemple, par une limitation des mandats à deux consécutifs, l’obligation d’un casier judiciaire vierge pour se présenter à une fonction élective, le référendum d’initiative populaire, voire le tirage au sort en complément du suffrage universel. Nous faisons confiance à nos compatriotes pour prononcer les peines les plus graves du code pénal, pourquoi pas pour formuler un avis motivé, rendu public, sur des projets à tous niveaux, notamment lorsque ces derniers ne figurent pas dans la profession de foi du candidat ou de la liste sorti(e) vainqueur des urnes. Enfin, cela passe aussi et surtout par la remise à l’honneur de l’éthique, de l’exemplarité et du dévouement total à la Nation comme qualités cardinales attendues dans le choix des membres d’un gouvernement et des principaux décideurs publics. Ces derniers doivent comprendre que pour « Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être un si grand génie ; il ne faut pas être au-dessus des hommes, il faut être avec eux. » (Montesquieu). Dans la situation où se trouve le pays, aucune défaillance individuelle ne peut plus être tolérée au plus haut niveau de l’Etat !

Face aux défis de notre temps, nous disons simplement à nos compatriotes que tout est possible, rien n’est écrit, le destin de notre Patrie est entre nos mains ! En 1500 ans d’histoire, la France a, entre autres, surmonté la folie d’un roi au beau milieu de la guerre de Cent ans pour finalement triompher et est sortie vainqueur des deux plus grands conflits que la Terre ait connus. Arrêtons de subir, de nous quereller, levons-nous, unissons-nous, battons-nous, ouvriers, PDG, investisseurs, agriculteurs, employés, salariés, fonctionnaires, artisans, tous à nos postes pour la France et à nouveau étonner le Monde !

Patrice Huiban
Directeur du Projet, membre du comité stratégique d'Objectif France

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