Tribune du 29 Novembre 2019
5 ans après, Objectif France se prépare à émerger
  
Aurélien Duchêne, 21 ans, est étudiant en Sécurité internationale et Défense. Aujourd’hui directeur adjoint du projet d’Objectif France et membre du comité éxécutif, il soutient notre initiative depuis l’âge de 16 ans. A l’occasion des 5 ans du Mouvement, il revient sur la genèse du projet, les principales étapes, et les buts poursuivis...

Le 14 novembre 2014, l'Obs dédiait un article à Objectif France, dont le lancement avait eu lieu la veille dans le quartier de la Bastille. Notre mouvement y était décrit comme inclassable ; notre dirigeant, Rafik Smati, comme ayant des idées avant-gardistes, peut-être trop. L'article se concluait par la question suivante : « ce mouvement passera-t-il l'hiver ? ».

Le hasard a fait qu'exactement cinq ans jour pour jour, le 14 novembre 2019, l'Obs publiait une brève qui débutait par le constat qu'Objectif France n'était plus un « groupuscule », et concluait par celui que notre mouvement pourrait être le « nouveau monde de la droite ».

Une telle évolution a de quoi nous laisser esquisser un sourire de satisfaction, de fierté pour le travail accompli, avec en coin le sourire de la confiance dans ce que nous allons entreprendre de grand. Pour avoir quelque part grandi avec Objectif France que j'ai rejoint à l'âge de 16 ans, deux ou trois semaines après sa fondation, je peux témoigner de ce travail de longue haleine qui commence aujourd'hui à porter ses fruits. Mais il y a peut-être un élément plus important dans cette discrète brève de l'Obs, un élément qui témoigne d'une évolution de la nature de notre mouvement, d'une start-up politique à un futur parti de masse.

Celui qui est au centre de l'article n'est ni l'un de nos dirigeants, ni un pilier historique de notre mouvement, mais un élu local brillant et membre d'Objectif France, Marc Atallah, qui nous honore en étant désigné candidat de la droite républicaine à la mairie de Villeurbanne, première commune de banlieue de France. Marc est l'un de ces talents issus des territoires, qui se révèlent déjà dans notre mouvement et l'incarnent chacun à leur manière, mais d'une manière qui rend la vie politique un peu plus noble à chaque fois.

Des personnalités qui prouvent toutes qu'Objectif France est bien une force collective, qui s'ancrera, émergera et gagnera avec de nouveaux visages dans tous nos territoires. Notre victoire sera celle d'une équipe diverse, soudée et déterminée, et notre initiative a toujours été conçue comme telle. Pourtant, notre équipe tenait initialement autour d'une table.

Objectif France est né d'un pari fou

Fondé par deux entrepreneurs inconnus du grand public et sans véritable expérience politique, Rafik Smati et Lauris Olivier, notre mouvement est parti de rien, loin des projecteurs, sans le soutien d'aucune grande figure politique. Et c'est jusqu'à maintenant loin des projecteurs, sans s'associer à l'une de ces grandes figures, qu'Objectif France s'est construit patiemment. Avec des racines désormais solides, Objectif France se prépare enfin à sortir de terre. Forts de plusieurs années de travail silencieux, nous nous préparons à nous faire entendre de toutes nos forces jusqu'en 2022.

Rien n'était pourtant gagné : une initiative comme la nôtre semblait en effet perdue d'avance.

Au manque de moyens s'ajoutait la difficulté, pour des citoyens ne vivant pas de la politique mais de leur travail, à trouver du temps pour construire une alternative à des partis puissants, dont les dirigeants consacrent toutes leurs journées à leur carrière politique. Au manque de notoriété s'ajoutait l'autre difficulté, pour des citoyens ordinaires, à convaincre des Français dégoûtés de la vie politique et pessimistes sur les possibilités de la changer qu'un nouveau mouvement et de nouvelles idées pourraient faire la différence.

A l'absence de soutiens de poids s'ajoutait le scepticisme initial des quelques personnalités politiques ou médiatiques qui avaient entendu parler du lancement d'Objectif France. De ce qui précède, on comprend aisément que notre initiative n'ait à ce moment pas été prise au sérieux. Notre pari semblait d'autant plus impossible que la vie politique n'avait pas encore éprouvé les bouleversements que nous connaissons tous.

Rappelons-nous quel était le contexte du lancement d'Objectif France, à l'automne 2014.

Cinq ans de bouleversements politiques « impensables »

Le chef de l'État était alors au plus bas dans les enquêtes d'opinion, et Marine Le Pen au plus haut, mais les grandes figures de la vie politique estimaient que la configuration de celle-ci ne changerait qu'à la marge : sans risque de le voir gagner un jour, le Front National partagerait durablement l'affiche avec un Parti socialiste censé conserver son hégémonie à gauche, et avec une UMP que le retour de Nicolas Sarkozy allait ramener à ses beaux jours.

L'alternance ne pouvait venir que de ce dernier parti ; à en croire experts et sondeurs, Alain Juppé prendrait l'Elysée après sa victoire toute tracée à la primaire de la droite. Le prochain chef de la gauche serait Manuel Valls, mais Arnaud Montebourg pouvait lui damer le pion.

Le successeur de ce dernier à la tête de Bercy, un certain Emmanuel Macron, commençait tout juste à se faire connaître du grand public : son profil et ses premières sorties polémiques compliquaient son entrée en politique – on le disait parfois déjà fini, mais il incarnait le renouveau d'une gauche dont il pouvait à terme devenir l'un des dirigeants – peut-être en 2022 ou 2027, selon les stratèges du Tout-Paris. Les mêmes qui n'imaginent pas qu'un inconnu puisse émerger à la tête d'un nouveau mouvement et bousculer l'échiquier politique n'imaginaient certainement pas que ce jeune ministre serait, prendrait le pouvoir deux ans et demi plus tard, avec un nouveau parti.

A l'étranger, le modèle de Macron pouvait être Matteo Renzi, qui faisait reculer le populisme en Italie ; en recueillant 40% des voix aux européennes, les socialistes italiens humiliaient l'obscur Matteo Salvini, dont le parti en décrochage s'effondrait à 6%. Ailleurs dans le monde, du Brésil à l'Espagne en passant par l'Allemagne, le populisme d'extrême-droite n'obtenait d'ailleurs que des résultats insignifiants. Cinq ans plus tard, nous connaissons la suite.

Ailleurs, à Washington, l'establishment souriait à l'idée que Donald Trump songe réellement à une candidature à la présidentielle américaine, qu'il n'avait aucune chance de gagner. A Londres, quelques semaines après le référendum sur l'indépendance de l'Écosse, l'establishment souriait plutôt à l'idée que les Britanniques puissent voter dans les années à venir pour sortir de l'Union européenne. Là aussi, nous connaissons la suite.

A Paris, la classe politique aurait ri à l'idée de voir une force comme Objectif France émerger un jour. Tout comme elle n'a pas vu venir les bouleversements de ces cinq dernières années. Au moment de son lancement, l'idée qu'Objectif France réussisse un jour relevait de l'impensable : tant de changements radicaux se sont produits, tant de vieilles certitudes ont été brisées depuis, que l'impensable est devenu la norme en politique. Les ruptures qui se sont succédé depuis cinq ans, montrent que tout est possible pour les deux ans à venir.

Cinq ans de constance, d'indépendance et de patience

Au lancement du mouvement, les fondateurs d'Objectif France n'avaient pas l'expérience politique qu'ont les « ténors » qui dominent actuellement notre vie publique, mais bénéficiaient d'une expérience que n'ont aucun d'entre eux : celle de faire grandir une start-up en PME. Cela demande du temps, du travail, des prises de risque, et surtout un objectif ambitieux auquel se tenir sur plusieurs années. Notre objectif commun, celui pour lequel nous ne comptons pas nos heures et travaillons sur plusieurs années, ne pourrait être plus ambitieux.

Nous n'avons jamais eu l'ambition d'être un micro-parti, gravitant autour d'un plus grand, d'être un laboratoire d'idées, un think tank, faisant de belles propositions sans pouvoir les appliquer un jour. Nous n'avons jamais été là pour faire de la figuration, pour occuper un créneau médiatique, une place dans de vieux partis ayant besoin de sang neuf.

Notre but a toujours été de bâtir une alternative crédible, capable de conquérir le pouvoir, et surtout de l'exercer dans l'intérêt de notre pays et des futures générations. On l'a vu, ce pari semblait perdu d'avance. Les tentatives précédentes semblaient peu encourageantes.

Dans les mois qui ont précédé le lancement d'Objectif France, des personnalités plus connues avaient courageusement tenté de créer des mouvements citoyens en y mettant des moyens supérieurs aux nôtres, notamment sur le plan financier. Ils avaient échoué, malgré tout leur travail. Par exemple, en prenant trop tôt la lumière médiatique alors qu'ils n'étaient pas prêts, ou que ce n'était pas le bon moment. Ou encore en se lançant avec du courage mais peu de réflexion stratégique aux élections européennes de 2014, en y faisant des scores faibles dont ils sont restés prisonniers en tant que « petits partis ».

Ces formations citoyennes n'avaient pas eu le temps de s'ancrer fermement dans les territoires, de mûrir un projet crédible, avec une communication à la hauteur. L'échec de ceux qui ont tenté avant nous de faire de la politique autrement a été douloureux pour eux comme pour notre démocratie, mais il présente des leçons pour réussir à changer enfin la donne, et montre que nos choix ont été les bons.

Nous avons d'abord fait le choix de construire Objectif France à la périphérie du système. Pas au cœur de celui-ci, pour garder notre indépendance est resté ancré dans la société française, dont nous sommes issus et dont la « caste » dirigeante s'est déconnectée ; ni en opposition face au système, pour devenir une force de gouvernement capable de réussir. Rafik Smati et Bertrand Soubelet ont par exemple refusé des offres politiques. Après avoir conseillé un moment Emmanuel Macron sur les questions de sécurité, Bertrand Soubelet a pris ses distances alors que tout pointait vers une victoire du candidat dont il aurait du devenir député de la majorité, voire ministre. Le « Général courage » a fait une nouvelle fois passer son éthique et ses convictions avant sa carrière. Rafik Smati, approché par des émissaires du même candidat, a préféré garder son indépendance que d'obtenir un poste, et soutenu les réformes du projet de François Fillon quand ce dernier était abandonné par des soutiens de poids.

Nous avons aussi fait le choix de penser hors du cadre. Face à des experts et des responsables politiques qui n'y croyaient pas, nous avons fait le pari que des bouleversements jugés « impensables » allaient se produire dans nos démocraties, à l'étranger puis en France. Si nous étions persuadés qu'une reconfiguration majeure – advenue avec l'élection d'Emmanuel Macron – se produirait dès 2017, nous anticipions qu'il ne s'agirait pas d'une entrée dans un « nouveau monde » mais d'une étape vers un changement beaucoup plus profond. Nous voyons aujourd'hui que nous ne sommes pas dans une « recomposition » de la vie politique traditionnelle, mais dans la phase finale de sa décomposition ; Emmanuel Macron n'est pas un météore, comme on l'a tant affirmé, il est la queue de comète d'un système qui n'émet de la lumière que parce qu'il commence à se consumer.

Nous avons enfin fait le choix de la patience. Au lieu de prendre la lumière comme nous l'ont proposé plusieurs grands journalistes, nous avons jusqu'ici travaillé hors des caméras. Il y a eu de nombreuses opportunités, de nombreuses fenêtres de tir où nous aurions pu décider de nous faire connaître auprès du grand public, de récolter le fruit de notre travail. Mais nous estimions ne pas être prêts à prendre la lumière, malgré notre envie de bousculer cette vie politique qui nous désespère toujours plus. Nous avons d'abord voulu consolider notre mouvement, notre projet, pour que le moment venu, les Français puissent découvrir l'alternative dont notre pays a tant besoin. Il y a aussi eu de nombreux moments de doute face à l'ampleur d'une tâche qu'on nous dit souvent être impossible, ou avec le départ de ceux qui ne comprenaient pas notre démarche ou n'y croyaient pas, ou des difficultés comme celle de trouver des financements alors que les vieux partis peuvent dépenser des millions. Notre cofondateur, Lauris Olivier, a toujours défendu cette stratégie de patience qui s'est avérée payante et nous permettra d'entrer dans l'arène armés, entraînés et prêts au combat.

Tous ces choix font que 5 ans plus tard, nous sommes prêts à décoller sur des bases solides.

Parti de rien, Objectif France rassemble toujours plus large

Sans avoir encore pris d'envergure nationale, Objectif France a démontré sa capacité à fédérer autour d'une vision, d'un projet et d'une équipe pour notre pays. Nous avons d'abord accueilli des personnalités de prestige, comme notre Vice-Président Exécutif, Bertrand Soubelet, dont l'engagement honore notre mouvement.

Nous avons fédéré des militants de la société civile et des élus locaux dévoués au service public autour de notre combat. Nous avons aussi rassemblé des formations qui ont désormais intégré la nôtre.

A l'initiative notamment de Gilles Boussac, Objectif France a fusionné à l'automne 2017 avec les comités de la Société civile qui avaient construit et porté le programme de François Fillon. Leur dirigeant, Pierre Danon, est devenu président d'Honneur d'Objectif France. L'exigence d'un projet ambitieux pour notre pays nous a réunis dans une même équipe. Cette exigence nous permet de rassembler des sensibilités différentes.

Au printemps 2019, le Parti Libéral-Démocrate dirigé par Aurélien Véron (désormais notre Vice-Président Associé) a rejoint Objectif France avec toutes ses équipes : nous aborderons les prochaines échéances électorales sous la même bannière. La même année, des personnalités venues d'autres horizons, comme l'ancien ministre Charles Millon ou le courageux maire de Montfermeil, Xavier Lemoine, ont annoncé leur soutien et participé à notre rentrée politique. Ces ralliements ne sont que les premiers. D'autres suivront. Nombre de personnalités et de formations désireuses de servir notre pays envisagent de rejoindre notre dynamique et de nous aider à l'amplifier à l'échelle nationale. A l'heure où l'opposition n'offre que fragmentation et divisions, où les échéances électorales excitent les querelles d'ego, nous nous rassemblons pour préparer ensemble la conquête du pouvoir. Quand nous prendrons la lumière dans les prochains mois, nous pourrons ainsi montrer aux Français une plus belle forme d'engagement politique.

Des fondations désormais solides

Durant ces cinq ans, nous avons pu bâtir nos fondations. Grâce à des personnalités comme Jean-Marie Belin, Hervé Rozel ou Dominique Anée, nous avons structuré notre mouvement sur le terrain : la majorité des départements de France hébergent désormais un comité local, et nous entendons nous développer sur la totalité du territoire national. Grâce notamment à notre Déléguée générale, Virginie Terrier, nous avons mis en place une gouvernance issue des territoires et représentative de la population française : ces institutions du mouvement seront capables d'assumer notre prochaine montée en puissance. Grâce entre autres à Eugène Daronnat (Directeur des Opérations) et Bruno Dumonteil (responsable e-force), nous avons étoffé nos capacités opérationnelles : celles-ci nous permettent de faire vivre notre mouvement et de préparer notre croissance future.

Nous avons également travaillé sur notre projet pour la France. Objectif France est né autour d'une vision ambitieuse pour notre pays : nous avons désormais un programme concret, comptant déjà des centaines de propositions et couvrant déjà l'essentiel des grandes thématiques sur lesquelles nous devons agir. Les comités thématiques dirigés par Patrice Huiban et moi-même élaborent déjà le programme de gouvernement le plus complet, le plus audacieux et le plus crédible du paysage politique actuel. Aucune autre formation ne travaille autant que nous sur son projet. Demain, au moment de nous découvrir, les Français découvriront aussi le travail que nous avons mené sur notre projet, et que les autres partis d'opposition ont été incapables de réaliser.

Écrire une nouvelle page

Un mouvement comme le nôtre était censé couler en quelques mois. Cinq ans plus tard, nous nous apprêtons à mettre les voiles et prendre le large.

Nous étions seuls et avec tout à construire : nous rassemblons désormais des milliers de citoyens autour d'un projet ambitieux et d'une dynamique de conquête. Nous partions de rien : nous entendons incarner une alternative électorale crédible et capable de redonner espoir. L'aventure d'Objectif France ne fait que commencer.

Aurélien Duchêne
21 ans, étudiant en Sécurité internationale et Défense à Lyon 3
Directeur adjoint du Projet d'Objectif France



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