Formation professionnelle, assurance-chômage
Les propositions d'Objectif France
  

Sortir du chômage structurel dans lequel est plongée la France depuis 30 ans est la priorité économique absolue d’Objectif France. Le plein (et bon) emploi est possible dans notre pays ! Certains de nos territoires et certains de nos voisins européens, dans le même environnement économique que le nôtre, l’ont atteint. De même, certains secteurs de notre économie et certaines catégories de la population sont en situation de plein emploi. Il n’y a donc pas de raison pour que nous nous résignions au chômage de masse depuis tant d’années. Quand près de 6 millions de personnes sont inscrites à Pôle emploi, il y a urgence à agir. Quand près de 2 millions de jeunes ne sont ni en formation, ni en situation d’emploi, il n’est plus possible d’être immobile ou d’utiliser les mêmes recettes inefficaces.

On accuse ceux qui veulent débloquer la situation de promouvoir la casse sociale : la casse sociale, c’est un taux de chômage structurellement supérieur à 7 % depuis 40 ans ! On présente toute remise en cause du système en place comme conduisant à « du sang et des larmes ». Mais que vaut notre situation actuelle ?

Les réformes que propose Objectif France ailleurs dans son Projet permettront, grâce au redressement de notre compétitivité, de revenir vers le plein emploi. Mais il est également nécessaire de revoir nos dispositifs existants de politique de l’emploi. La formation professionnelle ne remplit pas parfaitement son rôle d’orientation vers les secteurs porteurs. L’assurance-chômage ne permet pas non plus, dans sa configuration actuelle, un retour rapide vers l’emploi. Nos compatriotes connaissent ces maux qui rongent notre pays, et les solutions existent. Il faut désormais prendre les mesures trop longtemps repoussées !

En ce qui concerne la formation professionnelle, des progrès notables ont été accomplis en 2014 et en 2018 pour rendre plus efficaces et efficients les 32 Md€ dépensés par l’Etat, les collectivités et les entreprises (40 % du total) en faveur de la formation continue. Désormais, une certaine initiative est donnée aux salariés à travers un compte personnel de formation (CPF) libellé en euros pour financer des formations de meilleure qualité, ces dernières devant être qualifiantes sous le contrôle de France compétences. Les centres de formation des apprentis (CFA) sont davantage en phase avec les besoins des entreprises, étant désormais sous tutelle des branches professionnelles (via les opérateurs de compétences, OPCO ex-OPCA) et non plus des Régions. Cependant, la formation professionnelle reste encore très complexe en France ! Il est au moins bicéphale avec un système dédié aux salariés, tournant autour des OPCO, et un système dédié aux demandeurs d’emploi centré sur les Régions et les directions régionales de Pôle emploi qui ont du mal à se coordonner, notamment en matière d’achat de formation. Quant aux fonctions publiques, elles mènent chacune leur propre politique.

En ce qui concerne notre assurance-chômage, elle est plus protectrice que dans beaucoup d’autres pays. Elle est plus accessible, en raison d’une durée minimale de cotisation courte et d’une période de référence assez longue. Le niveau d’indemnisation est plus élevé pour les salariés situés aux deux extrémités de l’échelle des revenus et elle offre une durée maximale d’indemnisation plus longue. Moins incitatif à la reprise d’emploi que dans d’autres pays, le régime d’assurance chômage a perdu de son efficacité en termes de couverture des demandeurs d’emploi : ainsi, le nombre de personnes indemnisées rapporté aux demandeurs d’emplois (45 % environ) s’est réduit, en raison notamment de l’arrivée en fin de droits d’une part élevée de chômeurs. Le fort développement de l’indemnisation au titre de l’« activité réduite », qui permet de cumuler une activité à temps partiel ou à durée déterminée et une indemnisation au titre du chômage (45 % des allocataires environ), peut faciliter le retour à l’emploi, mais il faudra prévenir le risque que cette indemnisation devienne un complément de revenu destiné à des salariés durablement précaires.

Enfin, l’articulation du régime d’assurance chômage avec les régimes de solidarité (allocation de solidarité spécifique, RSA) est restée complexe et conduit à des ruptures dans la prise en charge de certains demandeurs d’emplois ou à des effets d’aubaine, certains chômeurs cumulant revenus issus de la solidarité et emploi(s) non déclarés, situation parfois plus avantageuse et moins contraignante qu’une activité déclarée, notamment pour les femmes élevant seules des enfants.

Objectif France insiste enfin sur une réalité trop souvent oubliée (ou évacuée) par la classe politique actuelle. Si certaines réformes que nous devons mener sont celles que nos dirigeants auraient dû conduire depuis des années, il nous faut penser le marché du travail, ou plutôt la nature du travail, dans les prochaines décennies. Les réformes sur lesquelles nous travaillons ne viendront pas seulement compléter ou corriger ce qui aura été entrepris sous Emmanuel Macron : nous anticipons les gigantesques mutations qui vont bouleverser le monde du travail à l’ère de la quatrième révolution industrielle, de l’Intelligence artificielle, de « l’ubérisation » et du travail des plateformes, de l’automatisation de certaines tâches et de la création de nouveaux métiers, etc.

Objectif France présentera bientôt ses propositions pour moderniser durablement l’assurance-chômage et le marché du travail.

VIDEOS ET TRIBUNES :
[ Vidéo ] Rafik Smati sur CNEWS :
Une activité pour tous
* Programme de réformes élaboré par l'ensemble des comités thématiques et territoriaux d'Objectif France.
Publié le : 10 mars 2018
Mis à jour le : 15 septembre 2019