Politique sociale et pauvreté
Les propositions d'Objectif France
  

La question sociale est une question de solidarité, mais aussi une question d’équité. Les Français les plus fragiles et les plus modestes doivent pouvoir être aidés et soutenus par un juste effort de solidarité nationale. En contrepartie, le droit à s’appuyer sur la solidarité de tous impose pour chacun de travailler et de contribuer à l’effort collectif des Français pour le redressement du pays.

Or, depuis maintenant plusieurs décennies, nous avons fabriqué un système propre à exclure, à fragiliser, à maintenir en dehors du marché du travail. Notre modèle social est à bout de souffle : il coûte une fortune aux contribuables, il endette nos enfants, et il est devenu inefficace. Deux mesures sont emblématiques de cette « casse sociale » : la retraite à 60 ans et les 35H.

En 1981, François Mitterrand, alors candidat à l’élection présidentielle, propose d'abaisser l'âge de départ à la retraite de 65 ans à 60 ans. Toutes les prévisions démographiques s'opposent pourtant à une telle décision, populiste et démagogique. Mais ce candidat l'emporte, et met en oeuvre sa réforme. Aucun de ses successeurs n'ose revenir intégralement sur cet acquis. Près de quatre décennies plus tard, la France est le pays d'Europe où l'on travaille le moins dans la vie et celui où l'on part à la retraite le plus tôt. La conséquence ? Nos retraités sont de plus en plus pauvres, et leur pouvoir d'achat baisse. Notre système de retraite lui-même risque la faillite. Seule la dette (qui pèse sur les générations futures) lui permet encore de tenir.

En 1997, lors de la campagne pour les élections législatives anticipées, le Parti Socialiste de Lionel Jospin cherche dans l'urgence une mesure symbolique pour attirer à lui les suffrages. Cette mesure, c'est les 35 heures. Le travail serait une denrée limitée qu'il suffirait de se partager pour offrir un emploi à chacun. Quelle démagogie ! Une fois l'élection gagnée par la gauche socialiste et communiste, les 35 heures sont mises en application. La conséquence ? Aucun impact réel sur le chômage, mais des effets pervers redoutables : déstabilisation du système hospitalier et des services d'urgences (que nous subissons plus que jamais aujourd'hui), et gel des rémunérations des salariés du privé pendant plus d'une décennie.

Ainsi, notre modèle social coûte cher tout en affichant des résultats de plus en plus désastreux : 6 millions de chômeurs inscrits à Pôle Emploi ; 9 millions de personnes sous le seuil de pauvreté ; 3,2 millions de salariés au SMIC ; 1,7 million de personnes au RSA ; 1 million de Français inscrits aux Restos du Cœur ; 25 % des jeunes de moins de 25 ans au chômage ; des jeunes qui renoncent à se soigner faute de moyens ; une mauvaise prise en charge du handicap ; des maisons de retraite sous haute tension, etc.

Symbole de cette dérive, notre système de prestations sociales vis-à-vis des plus fragiles est noyé sous une multitude de règles complexes que les Français ne comprennent plus ou trouvent injustes. L’empilement au fil des années de règles, mal articulées entre elles, a conduit à tenir éloignés du travail beaucoup de nos compatriotes. Pire, nous avons créé de toute pièce un système qui encourage à vivre de l’assistance, l’un des maux de notre société que les Français ne peuvent plus tolérer. Du point de vue d’Objectif France, il ne doit y avoir qu’une seule règle simple : ramener au travail tous les Français qui en sont exclus et s’assurer que le travail paie davantage que l’assistanat.

Pour cela, en complément de la fin des 35H et d’un recul de l’âge de la retraite à taux plein afin de dégager des ressources, Objectif France veut prendre des mesures fortes et concrètes comme l’allocation sociale unique en vue de traiter avec plus d’équité et d’efficacité les situations de pauvreté, ce qui va beaucoup plus loin que l’aide sociale unique promise par le gouvernement actuel à partir du 1er janvier 20201. Rien ne peut et ne pourra justifier que travailler paie moins que de vivre de la solidarité de tous. L’incitation à reprendre un emploi, à temps complet comme à temps partiel, sera renforcée par rapport à la situation actuelle. Le montant de cette prestation sera plafonné et les personnes non concernées par l’allocation sociale unique continueront de bénéficier de l’aide au logement.

SYNTHÈSE EN 14 POINTS CLÉS *
Rendre les aides plus efficaces
1 - Regrouper plusieurs aides en une allocation unique : revenu de solidarité active, allocation spécifique de solidarité, prime d’activité, ainsi que l’allocation logement. Le montant maximal alloué sera strictement plafonné afin que les revenus du travail soient toujours supérieurs à ceux de l’assistance.
2 - Lier le versement de l’allocation sociale unique à un engagement individuel à se former et à rechercher un emploi. En cas d’efforts insuffisants, l’allocation sera diminuée et suspendue en cas de récidive.
Simplifier pour remettre l’homme au cœur des dispositifs d’aide sociale
3 - Désigner un interlocuteur unique pour chaque personne en situation d’exclusion. La désignation d’un référent de parcours chargé d’accompagner chaque personne sur la base d’un projet individuel et global d’insertion et d’autonomie sera généralisée dans le souci d’une relation humaine et continue.
4 - Simplifier les démarches : développer l’outil numérique au service des personnes. Pour que chaque personne accompagnée n’ait plus à exposer plusieurs fois sa situation, Objectif France mettra en place un dossier social unique.
Mobiliser toute la nation contre la pauvreté
5 - Saisir le Parlement d’un projet de plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et l’exclusion.
6 - Mobiliser la Nation en faveur des jeunes confrontés à la pauvreté et à la précarité. La « Garantie Jeunes » sera accordée à tous les jeunes les plus éloignés de l’emploi à la condition qu’ils respectent les termes du contrat d’insertion qui leur sera proposé par une Mission locale ou par toute autre instance habilitée.
7 - Désengorger l’accès aux structures d’accueil et d’hébergement d’urgence. Chaque citoyen français, chaque étranger en situation régulière doit pouvoir accéder à l’hébergement d’urgence. Les demandeurs d’asile seront accueillis dans des structures spécifiques leur permettant de vivre dans des conditions décentes en attendant que leur situation administrative soit réglée.
8 - Favoriser le logement pérenne : mieux vaut un vrai logement qu’un hébergement d’urgence. Objectif France veillera à ce qu’une part des attributions de logements sociaux soit réservée aux personnes accueillies dans les structures d’urgence et multipliera les formules de type pensions de famille et logement en studios avec un accompagnement social adapté qui sont aujourd’hui expérimentées par de nombreuses associations.
9 - Ouvrir plus largement l’accès des personnes les plus démunies au logement social.
10 - Lutter contre la précarité énergétique dans le logement. La précarité énergétique, c’est la difficulté de chauffer son logement en raison de la faiblesse de ses ressources. Objectif France agira pour généraliser la formule du chèque-énergie qui vient remplacer les tarifs sociaux de l’énergie et poursuivra les programmes d’aide à la rénovation thermique des logements.
Encourager toutes les initiatives solidaires
11 - Renforcer la coopération des pouvoirs publics avec le secteur de « l’Economie Sociale et Solidaire » en développant une relation basée sur le principe de conventions partenariales pluriannuelles afin que les nombreuses structures de ce secteur, en particulier celles de l’insertion par l’activité économique, puissent bénéficier d’un soutien stable dans le temps.
12 - Encourager toutes les initiatives solidaires de la société civile. Accompagner et soutenir les associations humanitaires, les associations professionnelles, les réseaux de voisinage de proximité ainsi que les entreprises mobilisées dans le social business.
13 - Accompagner les évolutions des métiers du travail social. L’effort engagé en France par les acteurs et professionnels de l’action sociale en vue de faire évoluer leurs métiers sera maintenu et encouragé.
14 - Encourager les démarches d’expérimentation et d’innovation sociale. Les pouvoirs publics appuieront les expérimentations locales conduites dans les territoires telles que celles déployées depuis un an dans le cadre de la loi du 29 février 2016 relative aux territoires zéro chômage de longue durée.
 
A VOIR SUR CE THEME :
[ Tribune ] Tribune de Rafik Smati :
En finir avec 40 ans de politiques anti-sociales !
[ Vidéo ] Rafik Smati sur CNEWS :
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* Programme de réformes élaboré par l'ensemble des comités thématiques et territoriaux d'Objectif France.
Publié le : 10 mars 2018
Mis à jour le : 07 août 2018