Défense nationale
Les propositions d'Objectif France
  

La sécurité des Français, la défense du territoire national et des intérêts stratégiques de la France est le premier impératif de l’Etat.

L’effort de la Nation pour sa défense se concrétise par des lois de programmation militaire (LPM). La dernière a été votée par le Parlement en juin 2018. Elle couvre la période 2019-2023 et marque une inversion de tendance budgétaire consacrée à la Défense puisque, entre 2019 et 2022, l’accroissement annuel du budget des armées qu’elle fixe doit être de 1,7 Md€ par an et de 3 Md€ entre 2022 et 2023.

Le rôle d’un mouvement politique comme Objectif-France est d’être vigilant sur la réalisation de cette LPM qui constitue un engagement solennel de la France, du chef de l’Etat et du Parlement vis-à-vis de nos armées. Encore faut-il que cette promesse soit tenue ! Malheureusement, le surcoût des opérations extérieures, qui est d’environ 600 millions d’euros en 2018 et qui devait être payé par un effort interministériel comme le prévoit la LPM, serait supporté cette année par le budget des armées.

Pour ce qui concerne l’avenir, Objectif-France veut insister sur 5 axes d’efforts essentiels pour notre défense nationale.

Le premier concerne la dissuasion nucléaire qui doit demeurer le socle de notre défense. Dépendrons-nous demain pour la modernisation de notre force de dissuasion d’une entreprise étrangère ?

Le second axe de préoccupation concerne l’Europe de la Défense que nous appelons de nos vœux. Cet objectif restera une utopie si l’Europe ne dispose d’une base industrielle de défense autonome.

Le troisième axe d’effort concerne la menace immédiate que représente l’Islam radical en Europe et à ses approches immédiates, en particulier au Sahel où vivent environ 100 millions d’Africains. A cette occasion, Objectif-France veut rendre un hommage appuyé à nos soldats qui combattent là-bas car nous connaissons les rudes conditions de vie et de combat dans ces régions inhospitalières. Objectif-France soutiendra toute action visant à promouvoir une véritable alliance européenne contre le terrorisme islamique car l’OTAN n’est pas configurée pour faire face à ce type de menace.

L’autre axe d’effort, que le référendum en Nouvelle-Calédonie a mis au-devant de la scène, est notre zone économique exclusive (ZEE) qui fait de nous la première puissance maritime mondiale pratiquement à l’égal des Etats-Unis. Cette étendue maritime, qui couvre une superficie vingt fois supérieure à celle du territoire national, regorge de richesses naturelles et minérales. Or, elle est très mal défendue.

Enfin, et selon les mots même du chef d’état-major des armées (CEMA), le Général Lecointre, « notre armée est éreintée ». Plus que jamais, il faut donc se préoccuper des conditions de vie et de combat de nos officiers, sous-officiers et soldats.

SYNTHÈSE EN 12 POINTS CLÉS *
Rehausser le financement de notre Défense
1 - Respecter scrupuleusement les lois de programmation militaires (LPM) qui garantissent la crédibilité et la cohérence de notre effort de défense dans la durée.
2 - Lancer un audit des besoins financiers de la défense afin d’évaluer le passif laissé par les mandatures Hollande et Macron. Le budget de la défense augmentera progressivement avec pour objectif d’atteindre 2,5 % (hors pensions) du PIB en 5 ans, soit 55 Md€. Ces moyens supplémentaires seront affectés en priorité au renforcement des capacités opérationnelles (y compris les capacités de combat dans le cyberespace), puis à la modernisation de la force de dissuasion, le tout afin de rétablir la cohérence entre les capacités, les contrats opérationnels et la trajectoire du budget de la Défense.
Conserver et moderniser l’ultime recours que constitue la dissuasion nucléaire
3 - Garantir notre totale souveraineté dans le maintien en condition et la modernisation de notre force de dissuasion. Nous devons veiller à ce que sa modernisation ne puisse dépendre d’aucune autre puissance étrangère, même alliée. A cet égard, la vente d’ALSTOM, qui fabriquait les réacteurs de nos sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), à General Electric et les déboires de cette entreprise américaine sont un sujet de préoccupation pour l’avenir.
Conforter la base industrielle et technologique de défense française dans une logique européenne
4 - Donner comme priorité à l’Europe de la Défense la constitution d’une base industrielle et technologique de défense (BITD) totalement autonome et couvrant l’intégralité des besoins en équipements des Etats-membres. A cet égard, Objectif-France souhaite que les négociations avec l’Allemagne pour le futur avion de combat aboutissent, de même que celles en cours avec les chantiers navals italiens.
Fédérer les énergies des Etats européens dans la lutte contre le totalitarisme islamique
5 - Soutenir toute action visant à promouvoir une véritable alliance européenne contre le terrorisme islamique. Ce terrorisme, contre lequel les soldats de l’opération Barkane sont engagés au Sahel, constitue une menace directe contre l’Europe. Les actions terroristes obèrent le développement économique la zone sahélienne et engendrent un flux migratoire économique vers nos frontières.
6 - Pour mener cette guerre de long terme contre un nouveau totalitarisme, la France doit obtenir de ses partenaires européens une répartition des charges des opérations concernant, directement ou indirectement, la protection des ressortissants et des intérêts européens. Les Etats qui souhaitent s’engager dans ces opérations, comme la France, bénéficieraient de la solidarité des autres pays européens. Ceux qui n’auraient pas les moyens militaires ou ne souhaiteraient pas participer pourraient ainsi manifester leur soutien en y apportant un concours financier.
Protéger notre domaine maritime
7 - Accroître nos moyens de surveillance maritime afin de garantir le contrôle de notre zone économique exclusive (ZEE). Objectif-France considère que les moyens de surveillance maritime prévus dans la LPM sont insuffisants pour maintenir un contrôle permanent de cette zone et éviter son pillage.
Améliorer la condition militaire
8 - Améliorer la prise en compte de la « quatrième génération du feu » (opérations extérieures depuis les années 1960) dans le devoir de solidarité et de mémoire. Cela passe, entre autres, par la mise en place d’un dispositif pour favoriser l’intégration dans un emploi des militaires en fin de contrat et inciter les entreprises et les administrations à recruter les anciens militaires blessés en opérations au nom de la solidarité nationale.
9 - Accompagner efficacement les conjoints de militaires dans leur mobilité professionnelle à travers, par exemple, des marchés passés avec des cabinets de reclassement privés, marchés régulièrement renégociés au regard des résultats obtenus.
10 - Financer la rénovation des logements de service dans les bases et casernes via les crédits de rénovation urbaine.
11 - Le moral de nos soldats étant également fortement lié à leurs capacités à mener leurs missions dans les meilleures conditions, poursuivre le renouvellement des équipements militaires de premier rang, mais aussi de ceux nécessaires pour le quotidien de nos soldats.
12 - Afin de désengager un maximum de militaires d’active des actions de surveillance passive du territoire national (« Sentinelle »), actions qui participent à la surchauffe de nos armées sur-employées et sous-entraînées, accroître significativement la Garde nationale.
 
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* Programme de réformes élaboré par l'ensemble des comités thématiques et territoriaux d'Objectif France.
Publié le : 10 mars 2018
Mis à jour le : 14 février 2019